CesPetitsRiens
Le bronzage H&M

Elle serait pas un peu trop bronzée ? Comme cramée au Point Soleil ? Avec des tâches de bronzage même ? 
Oui, j’ai pensé pareil.

Dans le métro, je me suis dit qu’elle était trop fake, cette campagne H&M.

Que bronzer autant c’était 1, une réalité photoshop, et 2, cancérigène.
Et que mettre de l’huile, aussi prodigieuse soit-elle, ne rendait pas le corps aussi luisant, étincelant, scintillant, que dis-je, phosphorescent. Elle a quand même un sein et une cuisse qui risquent de prendre feu à tout moment, ça commence à faire beaucoup pour un 2 pièces fuchsia.

Alors quoi, c’est the Avengers à St Tropez ?
Les succubes à la plage ? Du beachwear option Fukushima ? 

Prenez directement votre retraite à Miami chez les frères Farrelly sans passer par la case départ ? 

Encore un peu et c’est l’addiction à la cabine d’UV (et ça, c’est moche). 

Reste un détail sympa : le bruit du clapotis de l’océan quand on fait défiler la collection sur son écran…

Sacrées marques de réverbération pour une séance de bronzette sur le sable…

Préparez la Biafine !

Coppola : “Ecrire, dit-il”

Twixt, il est vrai, est deux doigts* too much pour être totalement réussi.

La faute à Val Kilmer, mi-homme mi-écureuil obèse ? A Elle Fanning, la vampire qui portait un appareil dentaire ? 
Pas seulement. 
Dans le nouveau film de Coppola, tout est cousu de fil blanc. Mais tout est assumé.

*Que celui qui ne s’est pas fait la blague, même in petto, lève la main… Bon. Reprenons.

Assumé, car le sujet du film est vaste. Il s’agit de l’acte créateur, du Fiat.
Autant dire les méandres de la mémoire, de l’inconscient voire du Surmoi. 
De sacrées dettes.
Dès lors, on accepte. 

Toutes les références sont conviées : Edgar Poe, qui nous donne une belle leçon d’écriture, Baudelaire, dans le texte s’il vous plait, et encore des clins d’oeil à Shakespeare (‘To sleep, perchance to dream’) pour ne parler que des maîtres littéraires.

Car créer - pour le personnage, écrire - demande de convoquer en soi un magma composite qui réunit les morts et les vivants, les ténèbres et la lumière, le rêve et la réalité, l’innocence et la culpabilité.

Un défaut ? Le résultat est pétri de dichotomies (ex : le diable VS Virginia).
Une qualité ?  Définir la création comme un work in progress qui intègre les opposés tout en tâchant constamment de les dépasser.

Au final, on réconcilie les pôles, en couleurs et en noir et blanc. On oppose les shérifs aux vampires, dans un univers onirique et fantastique (à portée de Whisky et/ou de somnifères pour la petite histoire), on ose même une incursion dans le tragicomique. Du léger dans le grave, au moins un dose respiratoire, une distance. 
Tout est bon à prendre pour en arriver à bien digérer le propos : la question de l’absence, du deuil, et sa sublimation en pulsion créatrice - et vitale.

Suivons les conseils d’Edgar Poe.
Pour raconter une histoire, il vous faudra deux éléments : la mort et la beauté - toutes deux incarnées à la perfection par une Elle Fanning (désormais muse officielle de la famille Coppola après Somewhere de Sofia) évanescente et gracieuse. 

Ajoutez un angle mélancolique et romantique : celui de l’amoureux transi.
Un motif : le beffroi (Hitchockien s’il en est).
Un leitmotiv : “Nevermore”. 

Enfin, comment écrire la fin d’une histoire, selon Edgar ? 
En revenant à la case départ : celle de l’écrivain, réconcilié avec lui-même.
L’occasion pour Coppola d’exorciser ses propres démons avec une pudeur très touchante.
Voilà pour l’émotion.

Toute en esthétique, cette fable gothique a le mérite de se perdre pour mieux se trouver. Reste que ce Twixt nous laisse un peu sur notre faim…

P.S. : Et parce qu’à l’apparition finale du titre sur l’écran, je me suis dit que je ne comprenais toujours pas le rapport, voici l’explication du maître lui-même.
“C’est une formule archaïque et poétique qui signifie “entre”. Le titre initial était Twixt Now and Sunrise (‘Entre maintenant et l’aube’).

Gainsbourg par Ginzburg : Deconstructing Lucien

“Je suis venu vous dire” ma dernière émotion ciné.

Pour la vie, l’oeuvre, l’élégance dandy, l’élocution parfaite, le goût très sûr, les amours passionnelles et la tendresse paternelle.

Et la nostalgie, camarade…

Des images d’archives, la voix off de Gainsbourg, presque 2 heures d’intimité avec le grand Serge, qui raconte, empreint d’une émotion jamais too much (la classe ashkénaze) :

- Qu’il a appris le piano avec son père, ‘au mouchoir’ : comprenez, à la dure, avec larmes à la clé, donc mouchoirs sur le clavier dès le début des cours. Une éducation douloureuse qu’il s’efforce de ne pas reproduire : on le retrouve dans le rôle du père, donnant un cours de piano à Charlotte avec une patience infinie, expliquant qu’il fait pousser sa petite fleur en espérant être un bon jardinier. 

- Que son enfance comporte des passages dignes des contes de Grimm en version originale : le petit Ginzburg, devenu Gainsbourg, caché à la campagne, est informé de l’arrivée des miliciens et s’en va se cacher en forêt, muni d’une hache… Alone in Babylone.

- Que sa famille lui prédisait un grand avenir d’artiste peintre, et vouait un culte à la musique classique. Résultat : la conscience, d’une humilité folle, que la chanson est un ‘art mineur’. Pourtant Gainsbourg dessine à merveille (notamment un autoportrait, dans le documentaire), mais rien à faire : emmenez-le au Louvre et il laisse tomber toute sa palette chromatique et ses ambitions picturales. Tant qu’on ne peut pas faire mieux que Géricault, on s’abstient. Belle leçon.

- Qu’à l’époque des jeunes artistes en auto-promo, Serge est resté lui-même : peu affable, agaçant, mystérieux. Jugeant que la volonté de ne parler uniquement lorsqu’on a quelque chose à dire n’a rien à voir ni avec la timidité, ni avec le mépris. Et imposant un style qui fit fondre Karina, Bardot, Birkin, Greco… et même Piaf.

- Que le dernier mot d’Initials BB fait référence à la rupture du mythe Bardot Gainsbourg. Almeria…

- Que son motto tient en 2 formules Very Gainsbarre :
‘Plus de Flash Backs / Uniquement des Flash Forward’

Deconstructing Lucien

Un seul bémol harmonique dans cette symphonie de Brahms : Gainsbourg a écrit et composé assez de chansons pour nous éviter 3 références à la Javanaise en 1 heure 38 (même si c’est un monument de la chanson française, et de l’écriture).

Quant au bémol visuel, évidemment, ce sont les passages de reconstitution, assez rares, heureusement. 

Bon point : Le docu n’est jamais annoté, contextualisé, sous-titré. Pas d’introduction au sérail. Si vous ne reconnaissez pas Jean Rochefort sans sa moustache, que vous ne comprenez pas l’apparition de Michel Simon, que vous ne remettez Boris Vian que lorsqu’il est interprété par Katerine, bref, si ‘ces petits riens mis bout à bout’ ne créent pas chez vous une connivence, alors tant pis. 
A quoi bon…

C'est chouette ici :)

Merci :) Very inspiring in your clouds too !

LipstiCommunication - aka Femmes des années 80

Serait-ce dû à Lana Del Rey ? 
Qui sait.
Mais vous l’avez remarqué, en ce moment, y’a de la bouche.

Des lèvres coloriées dans les Pantone les plus 80’s qui soient. Comme une évidence visuelle.
Amis du fushia et et de l’irisé, attachez vos ceintures…

Audacieux 
Weight Watchers voit les régimes en enfer technicolor

Girly 
Lancôme dénature l’oeuvre des Brigitte - et hop, plus aucune saveur subversive - pour en faire une ode aux lèvres pop

Un petit effet de bouches qui me fait penser à l’équivalent nail de Guy Bourdin

Et aussi au miroir de Black Swan, évidemment

Réussi
Encore des bouches glam en gros plan. Et cette fois, cascade de clichés : les filles aiment les chaussures, les macarons, le shopping, les meringues…

Heureusement que c’est rythmé, et que l’idée des objets blancs (avec apothéose finale) me fait clairement penser à l’univers de Grégoire Alexandre

Alors, ça vous botte, l’esthétique d’un bon vieux Elle de 85 ?

Comme dit Sergio “ça vous a plu, vous en demandez encore” ?

Bon, alors disons que les femmes des années 80 n’avaient pas seulement des roses à lèvres douteux. Non, elles avaient aussi des coupes improbables.
On peut donc ajouter à notre florilège le Vogue et son ‘mom hair’.

L’équation est simple : Lady Di + une Elnett =

Manque plus qu’un bon petit pull en mohair avec perlouzes à l’épaule ! #annesinclairrevival

A suivre, donc.

“Cachez ce sein…”

Dans la dernière campagne Erès, les filles ont des formes.
Assez rare pour être souligné.
La tendance glamour de “The Artist” a du bon, on dirait - même si ça sent le Photoshop à plein nez.

(Les lignes ‘Persée’ et ‘Hammam’ proposent des une pièces aux drapés, décolletés, et détails dans le dos délicieusement rétro…)

J’ajoute que le parti pris est clair, et que le studio en a fait une ligne directrice pour la marque cette saison, pour le bain comme pour la lingerie.

Pourvu que ça dure…

Une question quand même : pourquoi le choix d’une silhouette voluptueuse pour la campagne, et l’éternelle anorexique pour le catalogue ? Dommage, car cela ne met vraiment pas en valeur les modèles. La preuve par l’image.

Oui oui, c’est bien le même maillot de bain que dans la première image.

L’important, c’est ce qui apparaît dans la presse, pas vrai ?
Contentons-nous de féliciter une belle avancée pour la mode printemps-été.
En attendant que la marque soixantuiharde ose aller encore plus loin… 

Pour le reste, ça se passe ici